La situation entourant Déborah Gnagne, Directrice Générale de Dayo Group, a pris un tournant inattendu avec son interpellation le 14 octobre à l’aéroport de Cotonou. Cette arrestation survient après une mission à Abidjan et est liée à une plainte déposée par son ancien employeur, la société ASK Gras Savoye. Les accusations portent sur le recrutement d’anciens employés ainsi que l’utilisation présumée de biens appartenant à ASK Gras Savoye pour les activités de Dayo. Cette affaire soulève des interrogations sur la légitimité des accusations et les réformes en cours dans le monde des affaires au Bénin.
Les circonstances de l’arrestation
Dans la nuit du 14 octobre, Déborah Gnagne a été appréhendée à sa descente d’avion à l’aéroport de Cotonou, sans avoir reçu de convocation préalable. Les agents de la brigade économique et financière ont orchestré cette interpellation qui semble résulter d’une escalade d’une contestation ayant débuté au tribunal de commerce de Cotonou.
ASK Gras Savoye, l’ancien employeur de Gnagne, aurait déposé une plainte en se plaignant de pratiques jugées illégales. Ils lui reprochent d’avoir débauché des employés et d’utiliser des ressources qui leur seraient attribuées. Cette situation soulève une multitude de questions, notamment sur l’utilisation de la justice pour régler des conflits commerciaux.
La réaction du personnel de Dayo Group
Les employés de Dayo Group, contactés pour réagir, réfutent catégoriquement les accusations. Ils avancent que parmi les 13 employés partis de ASK Gras Savoye, 9 étaient en contrat à durée déterminée (CDD) dont les contrats sont arrivés à terme. Seuls trois d’entre eux étaient en contrat à durée indéterminée (CDI), et avaient suivi la procédure de démission en bonne et due forme.
Ces éléments alimentent les doutes quant à la légitimité des accusations et à l’opportunité de cette interpellation, surtout dans un environnement qui se veut désormais favorable aux affaires.
Les actions de la brigade économique et financière
Suite à l’arrestation, la brigade économique et financière a mené une perquisition dans les locaux de Dayo Group, confisquant les téléphones portables des employés. Cette mesure semble plus s’apparenter à une intimidation qu’à une réelle recherche de preuves. Les employés continuent de clamer leur départ volontaire, affirmant que Dayo Group n’opère pas avec des moyens appartenant à ASK Gras Savoye.
Un membre du personnel de Dayo a souligné que les faits reprochés à Déborah Gnagne n’ont aucune base pénale solide et qu’un procès est déjà en cours devant un tribunal commercial pour examiner ces mêmes allégations.
Les répercussions sur le secteur de l’assurance au Bénin
Cette situation met en lumière les tensions existantes dans le secteur de l’assurance au Bénin, où la concurrence entre courtiers est de plus en plus exacerbée. La réforme du climat des affaires au Bénin se voit remise en question face à cet incident, qui apparait comme un retour en arrière dans un environnement de plus en plus contraignant pour les entrepreneurs.
Il convient de rappeler que Dayo Group est en pleine expansion avec la récente acquisition de Consass au Burkina Faso, portant le nombre de ses filiales à trois, dont une ouverte au Bénin en 2023 et une deuxième en Guinée depuis février 2024. Cette croissance remet en cause les méthodes de concurrence utilisées par d’autres acteurs du marché.








