Un pharmacien de Bordeaux, âgé de 57 ans, est récemment devenu la cible d’une enquête pour avoir prétendument fraudé l’Assurance maladie, entraînant un préjudice financier évalué à plus de 400 000 euros. Les révélations de cette affaire de malversations, survenues entre 2019 et 2022, mettent en lumière des pratiques douteuses dans le milieu pharmaceutique et soulèvent des questions sur la régulation du secteur et la protection des patients.
Les premières révélations
Les alarmes ont été tirées par les agents de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Gironde lors d’un contrôle de routine en 2021. Ce contrôle faisait partie d’un plan régional visant à examiner 2 200 officines de la Nouvelle-Aquitaine. Les agents ont alors découvert que l’officine en question affichait un taux de surfacturation de médicaments, en particulier pour des soins liés à l’ophtalmologie et à l’oncologie, significativement au-dessus des normes établies.
Des pratiques frauduleuses révélées
Au fur et à mesure que les enquêtes avançaient, il est apparu que ce pharmacien opérait une série de falsifications d’ordonnances. Il modifiait des éléments cruciaux tels que les dates, la posologie et la durée de validité des prescriptions. De plus, certaines ordonnances comprenaient des renouvellements non autorisés. Le détail le plus alarmant reste les facturations de médicaments qui n’avaient même pas été délivrés, ce qui a conduit à une estimation totale du préjudice dépassant les 400 000 euros.
Les victimes et les conséquences
Neuf médecins auraient été directement impactés par ces agissements frauduleux, avec des ordonnances falsifiées à leur insu. Tous ces praticiens ont été entendus par les enquêteurs, et la plupart d’entre eux ont déposé des plaintes, rendant la situation encore plus grave pour le pharmacien mis en cause.
Des mesures judiciaires prises
Suite à l’enquête menée par la CPAM, les policiers de la brigade financière de Bordeaux ont pris le relais, se chargeant de l’instruction pour des faits d’escroquerie présumée. Le pharmacien a été convoqué au mois d’août dernier et placé en garde à vue. Malgré l’interrogatoire, il a continué à nier toute implication dans ces actes frauduleux. Toutefois, les investigations ont permis de réunir des preuves suffisantes pour le confronter avec ses allégations.
Inspection patrimoniale et procès à venir
Le Groupe interministériel de recherches (GIR), chargé d’examiner la dimension patrimoniale de l’affaire, a pris des mesures conservatoires, en saisissant un appartement et une assurance-vie du pharmacien pour garantir le remboursement d’éventuelles sommes dues. Le pharmacien sera jugé en mai 2025 par le tribunal correctionnel, où il devra répondre de faux et d’escroquerie au préjudice de l’organisme de protection sociale.








