Le marché de la cyber-assurance est actuellement confronté à des défis sans précédent, notamment pour le secteur industriel. La combinaison d’une augmentation des cybermenaces et d’un durcissement des conditions d’assurance génère une atmosphère d’incertitude. Les entreprises doivent désormais naviguer dans un paysage où les primes augmentent en raison de la hausse des incidents cybernétiques, tandis que les polices d’assurance présentent de plus en plus d’exclusions qui laminent la confiance des assurés. La situation est d’autant plus préoccupante que des acteurs majeurs comme Allianz, AXA, et Marsh France signalent une redéfinition des attentes vis-à-vis de la cybersécurité.
Hausses de primes et impact sur les industriels
Les primes d’assurance cyber ont connu une augmentation significative. Selon une étude récente, le coût des cyber-assurances pour les entreprises industrielles a augmenté de près de 30% en un an. Cette flambée des prix est essentiellement le résultat de l’augmentation des cyberattaques, qui ont plongé de nombreuses entreprises dans une spirale de pertes financières. Le volume des sinistres, particulièrement dans le domaine de l’assurance contre les ransomware, a illustré les défis à relever pour maintenir la viabilité du secteur.
Des compagnies comme Chubb et AIG ont répondu à ces préoccupations en durcissant leurs politiques et en émettant moins de garanties pour certains types de risques. De plus, les exigences en matière de prévention augmentent, ce qui peut être un fardeau supplémentaire pour les entreprises qui tentent de s’adapter aux nouvelles normes. Pour illustrer cela, un rapport de Generali a montré que les entreprises qui n’ont pas mis en place de mesures de cybersécurité robustes ont vu leur prime multipliée par deux par rapport à celles qui peuvent prouver une diligence raisonnable dans leurs opérations.
Les défis de la preuve en cas de sinistre
Déposer une réclamation auprès de l’assureur est devenu un parcours du combattant pour de nombreuses entreprises industrielles. Les exclusions ajoutées à certaines polices, notamment celles liées aux attaques soutenues par des États, compliquent la situation. Prendre l’exemple de HDI Global qui, comme d’autres leaders du marché, a mis en place une clause d’exclusion pour les attaques attribuées à des acteurs étatiques. Cela rend presque impossible pour les entreprises de prouver l’origine d’une cyberattaque, rendant la récupération des pertes presque utopique. Les experts estiment que jusqu’à 40% des réclamations que reçoivent les assureurs sont contestées à cause de ces exclusions.

Les attentes croissantes des assureurs
Face à ces complications, les assureurs modifient leurs attentes en matière de sécurité. Les informations requises pour la souscription sont désormais plus détaillées. Les assureurs, tels que Swiss Re et Malakoff Humanis, souhaitent comprendre le paysage de risque de chaque entreprise de manière plus agile. Cela inclut des détails sur la segmentation réseau des environnements opérationnels, les systèmes en fin de vie, et les mesures de gouvernance mises en place. De plus, ces assureurs accordent désormais une attention accrue aux systèmes d’information industriels (OT), qui sont souvent sous-protégés par rapport aux systèmes IT traditionnels.
Pour mieux illustrer les attentes des assureurs, on peut mentionner que les compagnies veulent voir des éléments tels que :
- Une « cartographie » des actifs informatiques et des dépendances critiques.
- Des évaluations de risques répondant aux normes internationales comme l’ISA/IEC 62443.
- Des plans de réponse aux incidents bien documentés pour aborder les défaillances éventuelles.
- Des contrôles de sécurité proactifs adaptés aux infrastructures critiques.
Les lacunes de couverture émergentes
Bien que les augmentations de primes et la modification des attentes des assureurs mettent des pressions sur le marché, la couverture elle-même présente des lacunes significatives. Alors que la prise de conscience des menaces cybernétiques a augmenté, de nombreuses entreprises, en particulier dans le secteur industriel, constatent qu’elles sont toujours mal protégées. En effet, les polices standard ne prennent souvent pas en compte les spécificités des environnements opérationnels.
Ce phénomène a conduit à l’émergence de produits d’assurance spécialisés. Des compagnies comme Marsh France recommandent de plus en plus des polices adaptées aux nécessités particulières du secteur industriel. Ces polices devraient, idéalement, couvrir les événements de dommages physiques causés par des cyberattaques, qui ne sont pas souvent inclus dans les offres traditionnelles. Un tableau suivant illustre les lacunes les plus courantes dans la couverture des incidents cybernétiques dans le secteur industriel :
| Lacunes de Couverture | Exemples |
|---|---|
| Exclusions pour actes étatiques | Pertes dues à des attaques parrainées par des États |
| Absence de couverture pour dommages physiques | Dégâts matériels résultant d’une intrusion dans les systèmes OT |
| Limites sur les reprises de données | Coûts de reprise non couverts après une attaque de ransomware |
Le rôle de la réglementation dans l’assurance cyber
À l’aube de 2025, la pression réglementaire augmente également dans le domaine de la cyber-assurance. Le besoin de conformité avec les lois en matière de protection des données et de cybersécurité est devenu crucial pour les entreprises industrielles. Des régulations telles que le RGPD en Europe obligent les entreprises à mettre en place des mesures de sécurité strictes pour éviter les amendes, qui peuvent avoir des coûts extravagants. Ces exigences réglementaires pèsent non seulement sur la gestion des risques, mais également sur les discussions visant à obtenir des polices qui répondent aux nouveaux standards.
Des études montrent que les entreprises qui ne se conforment pas aux normes de cybersécurité ont environ 60 % de chances de subir des pertes économiques à la suite d’une cyberattaque. Le tableau ci-dessous résume les implications en matière de non-conformité :
| Conséquences de la Non-Conformité | Impact Estimé |
|---|---|
| Amendes réglementaires | Jusqu’à 4 % des revenus annuels mondiaux |
| Repercussion sur l’assurance | Hausse des primes de 30 à 50 % |
| Perte de clients | 20 % de clients en moins après une violation de données |
Modifications des attentes vis-à-vis de la sécurité et la résilience
La montée des cybermenaces ne peut que mener à une redéfinition des attentes en matière de sécurité. Les assureurs prennent désormais des mesures pour encourager une amélioration tangible des systèmes de sécurité. Les entreprises sont incitées à investir dans leurs infrastructures de sécurité, et certaines politiques offrent même des réductions de primes pour la mise en œuvre de contrôles de sécurité spécifiques.
La collaboration entre assureurs et entreprises est cruciale pour améliorer la résilience. Les assureurs, tels que SMABTP et Xerfi, encouragent des pratiques de gestion des incidents, un suivi régulier des mises à jour de sécurité, et la mise en place de plans de réponse aux incidents. Par exemple, la mise en œuvre d’élaborations plus spécifiques pour le plan de réponse peut offrir une réduction de la prime allant jusqu’à 15 %.

Normes et bonnes pratiques en matière de cybersécurité
Les normes de cybersécurité, telles que celles énoncées par NIST, IEC 62443, et d’autres, sont des éléments essentiels pour les assureurs. Les compagnies d’assurance s’appuient sur ces normes pour évaluer la posture de cybersécurité d’une entreprise. Les exigences vont au-delà de la présentation de contrôles techniques.
Les points suivants sont souvent évoqués lors d’une évaluation de la conformité :
- Mise en œuvre de l’authentification multifactorielle pour tous les employés.
- Plans de sauvegarde externe pour minimiser les pertes de données.
- Etudes et simulations régulières pour évaluer la préparation à un incident.
- Transparence dans la gestion des risques liés aux tiers.
Le rôle croissant des experts en cybersécurité
La nécessité d’interventions experts est devenue plus évidente dans le secteur de la cybersécurité. Les entreprises industrielles se heurtaient à des défis majeurs lorsqu’il s’agissait d’expertiser leurs systèmes. Les assureurs tels que Allianz et AXA s’alignent sur cette réalité. Une mauvaise évaluation des risques par des praticiens ou des consultants non qualifiés peut entraîner des erreurs considérables dans l’évaluation des primes ou des lacunes de couverture.
Les compagnies commencent à exiger des preuves de la collaboration avec des experts certifiés. Les évaluations de risque doivent être complètes et souvent révisées annuellement. Les entreprises doivent communiquer avec des professionnels capables d’analyser, d’évaluer, et de recommander des améliorations en matière de sécurité.
Des experts en cybersécurité hebdomadairespeuvent se concentrer sur :
- Évaluer les configurations réseau pour en vérifier la sécurité.
- Proposer des mises à jour technologiques. », »
- Former le personnel aux bonnes pratiques en matière de cybersécurité.
- Simuler des intrusions pour tester la capacité de réponse.










